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mise à jour le 13 février, 2009 | Autres saints, autres sanctuaires de pèlerinage | Page précédente |
Un dialogue avec le diable, daté de 1601 qui ressemble étrangement à celui du XIIe siècle lors de l’exorcisme par saint Jacques de la possédée d’Oviedo. Ici c’est un homme. On comprend mal comment le démon peut parler par le bras ou par l’épaule, mais les assistants n’en ont pas l’air surpris. En revanche, ils sont étonnés de voir le possédé, Mathurin Dupetit, comprendre le latin, l’anglais, l’espagnol et même le breton.
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En 1601, dans l'église de Larchant eurent lieu, pendant six longues semaines, des séances d’exorcisme visant à débarrasser du démon Mathurin Dupetit, en proie à une démence furieuse. Voici le résumé du procès-verbal de 22 pages qui en fut dressé par le curé 6 août « Mathurin Dupetitz estant venu à l'église
dudict saint Mathurin, il y fut environ une bonne heure à
dire son petit service et comme il vouloict lire la vie et légende
de Monseigneur sainct Mathurin, le démon se prend à
cryer selon sa coustume. Et luy fut faict par le vicaire commandement
de permetre à la créature de lire et pryer dans
ladicte légende ; à quoi respond le démon
: « II me tormente, qu'il se taise ». Et luy faict
jecter loing la dicte légende. Alors je luy fais impératif
commandement de luy permetre de pryer, à quoy, avec adjuration
il obéist et tout à l'instant, touttes fois, il
jexte derechef la dicte légende et se lève, s'enfuyant
de l'église. Et s'en fust allé, n'eust esté
arresté par Maistre Vincent Amyot et Maistre Estienne de
La Rivière. Et après que j'euz cellebré la
messe, le vicaire faict comunier la créature more solito,
avec deffences audict Astaroth de ne poinct inquiéter et
empescher icelle, sur les peines de l'excomunic Ïation majeur
et mineur, ains de fyur devant la face de Dieu » 7 août «Puys, affin de congnoistre davantage son nom, on luy a [crié]son nom fort souvent et failloit allors neuf ou dix hommes pour le tenir, encores ne le pouvoient-il pas tenir» Le démon se plaint d'être combattu par l'archange Gabriel qui se tient avec lui dans le corps de «la créature» et il se dit lui-même tourmenté.
12 août « La messe parroissialle cellebrée par Messire Guillaume Grosboel, auparavant ayant faict la procession qui fut à la grande cité à l'occasion de la feste de la dedicasse, où le pauvre homme posseddé fut mené et pandant icelle, le démon voulut précipitter dans ung puitz appellé le puitz Dufour, et estant près de la croix, appellée la croix Caumet, il prist la course jusques à la porte de Melun, où il fut suyvy habillement de six ou sept hommes qui l'empeschèrent de le fère précipiter dans les fossez dessoubz le pont de la porte. Puys fut admené avec grande force à l'église et estant à l'église durant ladicte messe, ne fist aucun bruict sinon quand ung Cordellier accompaigné de deulx aultres qui estolent du pays de Savoye et venoient des estudes de Paris, fist la prédication. Lequel démon dist : « Tays-toy, tays-toy » puys fut adjuré de dire où il estoict et dist : « Au coste gaulche ». II luy est faict commandement permettre à la céeature qu'elle reçoyve son Créateur, et à grande difficulté il a obtempéré ». 13 août 28 août
29 août 10 septembre
12 septembre,
14 septembre «mais je ne sceu. Il ne m'a pas voulu croire. Je lay conseillé de se tuer durant toutte la nuict. Ceste créature estoict bier si faschée de quoy je ne respondois poinct qu'il ne sçavoict que dire et je luy faisoys accroire que ce n'estoict que toutte sorcellerye et nigromancie, et je lay faict en aller de la messe quand on est allé à la procession et, à la mesme heure, je lay solliciter de se tuer et je n'ay sceu touttes foys. Je feusse venu ceste nuict au-dessus de mes intentions n'eust esté que la créature avoict hyer adoré du bois de la Vraye Croix. Ceste croix avoict este apportée par le Sieur de Chastenoy». Aux questions en latin le démon répond en français et pourtant, remarque le vicaire de Guercheville « Je suys esbahy comme il y en a qui ne croyent pas que c'est ung diable formé qui est dans ceste créature, qui n'a poinct aprys le latin et touttes foys il respond en françoys bien à propos du latin à quoy on l'interroge » Le cure de Châtenoy l'interroge même en breton et l'atteste par un certificat : «Je certiffie avoir interrogé le demon Astaroth dedans l'église de Monsieur Sainct Mathurin de Larchant en langue bretonne, pourquoy il avoict usurpé et ravy le corps de ceste créature. Il m'a respond qu'il n'a poinct usurpé et que Gabriel l’a introduict. De plus je lay interrogé : « Combien il y a de temps que tu possèdde le corps ?» A dict : « Six sepmaines et deulx jours ». Plus l’ay interrogé combien de temps il avoict encores à le possedder. A dict qu'il ne sçait rien sinon tant qu'il plaira à Dieu le metre hors par Gabriel. Item je lay interrogé derechef pourquoy il avoict usurpé la créature qui est à Dieu et luy apartient. Et m'a respondu et dict qu'il n'a pas usurpé et qu'il n'est pas à luy mays qu'il est mys par Gabriel et sera audict corps, comme dict est, jusques à tant que Gabriel le metra dehors. Je soubz-signé presbre curé de Chatenoy en Gastinois, diocèse de Sens, certiffye les interrogation et responce cy dessus tenir verité. Et pour certiffier ceulx qui verront ceste lettre, ay signé de ma signature le quatorziesme jour de septembre mil six cens et ung, ainsy signe : TEXIER. Le démon est une dernière fois pressé de dire son nom : « Dic ergo interpretationem tui nominis Astaroth
» Et a dict ledict demon : « Cela porte conséquence.
Je ne le diras pas ». « Tu le diras » «
Nenny » « Nous te le commandons tous d'une voix que
tu aye à dire la signification de ton nom Astaroth »
Et n'a voulu respondre.
Le dialogue se réduit à trois questions principales
:
Sources : Voir l'article sur la possédée d'Oviedo
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